Professor Layton and the Curious Village, De l’élégance (bis)

 

 

Comme Hotel Dusk, Room 215 ou Animal Crossing Wild World, Professor Layton and the curious village commence par un prologue en voiture. Sur la route, nous découvrons un gentleman détective spécialiste de puzzles, accompagné de son apprenti et venu à la demande d’une jolie lady résoudre les mystères entourant son village. Un village vide pour la plupart, peuplé ça et là de quelques personnages singuliers, monomaniaques obsédés par des puzzles ponctuant notre progression au sein du jeu. Dans Professor Layton and the curious village il y a cette mélancolie des lieux que l’on retrouve dans Hotel Dusk (mélancolie des chambres d’hôtel) ou Animal Crossing (mélancolie du quotidien). On découvre un village à l’arrivée d’un voyage sans origine, avec son parc d’attractions desafffecté, son immense tour inaccessible et branlante ou encore ses ruelles serpentines, bercé au son des vagues d’accordéon. Des lieux parcourus de mystères, de petits puzzles et énigmes logico-mathématiques qui, arrivés à leur résolution déroulent le fil d’une vérité triste et tendre expliquant la genèse de ce lieu (littéralement) sans vie.

 

Professor Layton et ses petits mystères ont ceci de remarquable qu’il nous permettent ainsi de jouer avec élégance. Similaire sur la forme aux point & click  (série de plans fixes où l’on déclenche des actions en touchant certains points précis),  le jeu fonctionne en vérité à l’opposé de leur logique classique, tordue par l’arbitraire du jeu. Ici, le joueur ne se confronte qu’à des énigmes totalement déliées de l’intrigue et qui se résolvent simplement, pourvu que l’on ait touché à l’élégance du raisonnement et son principe effectif d’économie : se défaire d’une complexité apparente par la simplicité de la pensée, et se placer sous une perspective rendant les choses évidentes (« Original thinking is the key to success », comme se plaît à le rappeler ce cher professeur). Et c’est de ce principe d’économie que le jeu tire sa générosité double : D’une part celle d’une satisfaction gratuite et toujours renouvelée par la logique du nombre (quelques cent-vingt énigmes à résoudre), et d’autre part le dépassement de celle-ci, récompensant le joueur de jeu vidéo au-delà de l’amateur de casse-tête. Comme dans Hotel Dusk, c’est avec une jeune fille que l’on quittera d’un dernier regard tendre ce lieu que l’on a pu peupler, prêt à poursuivre l’aventure, grandi d’un trésor caché que l’on était venu chercher sans vraiment le savoir.

 

 

Khanh Dao Duc

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