Cinéma & Jeu vidéo (2)

 

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Notre ambition, avec Zero Infinite tient de la possibilité d’un laboratoire ouvert, formuler une pensée toujours plus riche, cheminant par toutes les sources possibles. A l’occasion de la table ronde Cinéma & Jeu vidéo organisée dans le cadre de l’évènement Paris cinéma, on ne pouvait hélas que remettre celà à une autre fois, et surtout constater l’absence même de discours un tant soit peu réflexif, le plus souvent cantonné au champ des banalités d’usage quant à l’industrie du jeu vidéo et du jeu vidéo en tant que composante du multimédia chronophage, supprimant en réalité toute sa spécificité et son historicité (un comble pour des personnes prônant la sempiternelle créativité et indépendance artistique qui, dans cette perspective de confusion des arts ne veut plus dire grand chose). Ennuyeux donc, voire même insupportable.

La seule chose que l’on retiendra, c’est que tout fut resté désespérément plat et superficiel (« Tout converge », mais vers quoi? « Tout reste à faire », mais quoi?). On pouvait regretter l’absence de David Cage, créateur de Fahrenheit, qui du coup a laissé le pathétique King Kong (dont le directeur de production Xavier Poix était venu parler) comme seul exemple concret de jeu qui fut présenté par un des acteurs de sa création. On pouvait regretter aussi qu’Erwan Cario (journaliste chez Libération) en fut réduit aux simples présentations et questions (alors qu’il put dire en deux phrases sur Ico des choses incomparablement plus vraies et plus pertinentes que ce que pouvait balancer dans sa litanie un Atom Soumache –directeur de Onyx Films et co-fondateur de MKO Games– à côté de la plaque), et surtout, ce que l’on pouvait regretter, c’est que cette table ronde soit restée à la circonférence de son sujet.

Car à quoi bon parler de toutes ces adaptations de jeu en film ou vice versa, mauvaises au possible, (opère-t-on d’ailleurs aujourd’hui une distinction entre les films adaptés et les films originaux?) et qui forment autant de matière négligeable si l’on songe par exemple au travail d’un Hideo Kojima qui, s’il ne fait pas dans l’adaptation avec les Metal Gear Solid livre une mise en abyme du jeu à travers un référent narratif cinématographique? Ou si l’on songe encore à ces tentatives d’intégration inverse boursouflées comme les Casshern et autres films de Kitamura (on a, chose incompréhensible, quasiment jamais parlé du Japon au cours de cette table ronde), et tant d’autres exemples encore où c’est réellement de cinéma et de jeu vidéo dont il s’agit. La source de toute réelle discussion possible quant au rapport entre le cinéma et le jeu vidéo, n’est-elle pas alors dans un rapport à l’image et à l’écran, potentiellement fusionnel, et à ses degrés et modalités de réalité, variables et cruciaux dans le flux de ces images auquel nous sommes plus que jamais soumis? Pour l’heure, il faudra, sur ce terrain-là, se contenter, encore et toujours, du flamboyant hors série des Cahiers du cinéma consacré au jeu vidéo, désespérément seul.

KDD

 

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