
Archive pour la catégorie 'nothing special'
Rien de spécial 9 : Men in Black
Publié mars 26, 2008 nothing special , player 2 0 CommentairesTags: E3, GDC, Tokyo Game Show

Rien de spécial (8), optimisme et jeu vidéo
Publié février 28, 2008 nothing special , player 1 0 CommentairesIl y a un point sur lequel Fifa 08 est, un peu malgré lui, meilleur que la réalité. Dans le mode carrière, le joueur a en effet la possibilité de prendre les commandes d’une équipe et faire évoluer ses joueurs au fil des saisons. Cependant cette évolution n’est jamais négative : les joueurs se bonifient avec l’âge, leurs aptitudes augmentent de saison en saison, là où l’on sait que le temps et sa logique implacable font dans la réalité le déclin des carrières sportives, jusqu’à leur inévitable arrêt. Et cette réalité, le jeu l’intègre arbitrairement et contre sa propre logique, le programme décidant de stopper la carrière d’un joueur aux horizons de sa quarantaine, alors qu’au faîte de ses moyens et de ses capacités il a encore tant à donner. Pour conclure, c’est précisément par cette inscription du jeu dans l’utopie progressiste du sport, illusoire en réalité, immanente dans Fifa 08, que le jeu vidéo affirme ici un monde meilleur.
KDD
Rien de spécial (7) : La mort était au rendez-vous
Publié février 27, 2008 nothing special , player 2 0 Commentaires
JD

Il y a quelque chose de dérisoire dans l’illusion de la victoire dans le jeu vidéo. Pourquoi toujours gagner ? Et si on préférait perdre ? Venir au bout d’un jeu c’est parfois comme faire l’amour à une femme qu’on délaisserait ensuite pour une autre avec un fort sentiment d’orgueil. Préférer perdre, sans cesse, ou ne pas terminer un jeu, ce serait au contraire comme flirter en maintenant l’illusion qu’il y aurait toujours quelque chose à découvrir, des parties du corps ou une position encore inédites. Car préférer l’achèvement ce n’est pas comme vouloir connaître la fin d’un livre ou d’un film, c’est rarement lié à un récit, plutôt une succession de défis. Et il faut savoir dire non, je ne les relève pas tous, je veux le plus de femmes possible avec la possibilité de revenir vers elles selon mon humeur sans les avoir toutes épuisées puis abandonnées. Il faudrait donc inventer une stratégie de l’épuisement, ou un jeu sans fin. Mais pour que le désir subsiste il faut justement savoir que la fin existe –les meilleurs jeux ont une fin, c’est une mélancolie qui est nécessaire au jeu vidéo. Pour cette raison il faut faire exprès de perdre, de mourir. En optant pour le suicide on s’offre un miracle, la résurrection, tout en contournant la règle (du jeu). On conserve une distance, on évite la satisfaction d’un accomplissement qui vise à remplir le jeu comme on se vide avec une pute. Perdre est l’attitude la plus saine possible à avoir dans le jeu vidéo. Ainsi aucun jeu ne meurt jamais vraiment, tous gardent un minimum de possibles, et nous maintenons pour nous-mêmes l’illusion de pouvoir bander encore et encore. Une manière aussi d’enculer le capitalisme par la défaite.
JD
Rien de spécial (5) : Nuit et jour
Publié février 27, 2008 nothing special , player 2 0 Commentaires
Rien de spécial (4) : De l’élégance
Publié février 27, 2008 nothing special , player 1 0 Commentaires
On parle rarement d’élégance en jeu vidéo. Et pourtant, des jeux élégants et des jeux inélégants, il en existe à coup sûr. Par exemple, Ridge Racer 6 est un jeu élégant, tandis que le septième volet de la série ne l’est pas. Pour le comprendre, il faut revenir au principe qui définit toute la métaphysique de l’élégance : celui des plus courts chemins et de l’optimisation des causes aux effets. Autrement dit, le principe de moindre action de Maupertuis qui dans l’élégance du raisonnement fait emprunter tous les raccourcis de la pensée, et dans l’élégance de l’être amène tout supplément superflu. Et qui pour un jeu vidéo fait mesurer sa plénitude et sa clôture, complète et parfaite.
Dans Ridge Racer 6, l’élégance tient à une proposition : celle d’enchaîner les courses selon un parcours à la difficulté croissante et composé d’alvéoles reliées les unes aux autres, miroirs d’une esthétique de glissement tangent le long des courbes. C’est cette structure en parfaite adéquation avec l’idée du jeu que les développeurs du septième opus ont décider de “mapper” par une carte localisant les écuries et circuits et représentant l’ “univers” Ridge Racer. Cette complexité, qui relève d’une idée en fin de compte bien triviale masque inutilement la vérité profonde et effective du jeu vidéo, et que Ridge Racer 6 transcrit de son côté avec élégance : celle de sa répétition.
KDD
Rien de spécial (3) : Katamari Damacy, Leibniz et le surréalisme
Publié février 27, 2008 nothing special , player 1 0 Commentaires
Le génie de Katamary Damacy, c’est l’extraordinaire marque de sa primitivité. C’est qu’il semble être né d’un coup, sans la volonté d’étonner, et d’un achèvement total embrassant tous les possibles (le jeu se réclame même du surréalisme). Tout cela par un principe simple, celui liant le séparé par sommation à une substance composée. Ce lien substantiel, par l’Un transcendant (notre capacité à aspirer, in fine, l’univers entier) qui en même temps exprime la pluralité des mondes possibles soumet alors le jeu à une puissance qui tantôt fait reculer l’espace et grandit, et tantôt nous suspend à un rien de surcroit essentiel (passage intégrale/différentielle). Un lien qui trouve encore une incarnation dans la figure du personnage du roi, dandy adepte de l’écriture automatique, et enclin à renverser le monde pour le faire diverger, comme César aurait pu après tout, refuser de franchir le Rubicon. Et cela, pour un simple compliment. Une manière finalement digne d’un roi, de garder l’univers sous sa coupe.
Khanh Dao Duc



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